Comment apprivoiser les transports en commun à Rio

 Il faut aussi que je vous parle des moyens de transports ici car c’est un des points auxquels je viens à peine de m’habituer (au bout de presque deux mois il était temps!). Il y a seulement deux lignes de métro qui couvrent uniquement une partie dans la ville donc pour circuler, les cariocas utilisent particulièrement le bus.

Il y en deux types : les bus bleus qui sont plus chers (qui ressemblent à nos autocars mais en haute game avec la clim et le wifi). Ils sont super pratiques à la seule exception que quand tu montes dedans, tu ne connais que le terminus car il n’y a pas d’arrêts prédéterminés. Donc techniquement, c’est à toi de te lever quand tu veux pour descendre et là le chauffeur s’arrête n’importe où (à un feu au mieux sinon sur le bord de la route à l’arrache). C’est un peu chaotique. Sauf que moi, j’avais pas saisi ça donc déjà je comprenais pas pourquoi les gens descendaient un par un n’importe où mais surtout j’attendais en vain un vrai arrêt… Ca m’aura fait visiter la ville… 🙂

Après, il y a les autres bus qui ressemblent à nos bus de ville. Ce qui est bizarre c’est qu’ils circulent aux mêmes endroits que les bus bleus donc j’ai l’impression qu’à Rio, tu as le choix entre le ‘bus des riches’ et le ‘bus des pauvres’ (c’est un peu caricatural car il y a quand même moins de bus bleus et les bus de ville ne sont pas si mal que ça mais ça vous donne une idée du système). Je dirai que la plus grosse différence est que les « bus de ville » roulent comme des malades. Vraiment. Je crois qu’ils sont payés au nombre de trajets qu’ils font donc du coup j’ai tous les jours l’impression que mon bus s’est lancé dans une course poursuite en plein milieu de Rio. Le fait que les routes ne soient pas forcément en très bon état rend le trajet très mouvementé au sens figuré mais aussi au sens propre du terme.

Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est que dans les bus, il y a en permanence deux employés : le chauffeur et un autre qui est assis auIMG_0161 niveau du premier quart du bus et qui fait payer les tickets. En gros, à ce niveau du bus, il y a un tourniquet et tu dois payer pour accéder à l’autre partie du bus (techniquement tu pourrais rester dans cette première partie du bus mais pour la sortie se trouve à l’autre bout du bus donc tu n’as pas vraiment pas le choix). Ca a l’avantage de créer des emplois (je reviendrai d’ailleurs sur ce point plus tard car le Brésil semble avoir le don de créer des emplois dans le genre (par exemple le fait qu’il y ait un portier à l’entrée de tous les immeubles 7/7jours et 24/24h)). Mais ce système dans le bus reste quand même peu pratique car la montée du bus en est considérablement ralentie.  C’est d’autant moins pratique que le tourniquet est très étroit : j’ai l’impression que les obèses ne peuvent physiquement pas prendre le bus (et pour le coup, je crois que j’en ai jamais vu prendre le bus). Après, autre fait surprenant : il n’y a pas de cartes, d’abonnements ou même de tickets. A chaque fois que tu veux prendre le bus, tu dois payer R$ 3,40. Si tu veux prendre deux bus à la suite, tu payes deux fois. (là, on comprend un peu mieux pourquoi il y a un caissier dans le bus en plus du chauffeur : contrairement à en France, la grande majorité des usagers arrivent avec leur billet dans le bus pour payer leur trajet. L’autre jour, j’ai pris un bus où le chauffeur encaissait également les tickets tout en roulant comme un fou. Sachant que les personnes viennent souvent avec des billets et que le chauffeur doit donc rendre la monnaie aux gens, ça rend le trajet encore plus mouvementé qu’il ne l’est déjà. D’ailleurs, quand je suis venue pour la première fois au Brésil (c’était à Recife l’année dernière pour le Coupe du Monde de football), la première fois que j’ai pris le bus, j’ai tendu mon argent au chauffeur et les gens m’avaient vraiment regardés bizarrement, d’autres avaient rigolé.

Mais l’aventure que représente un trajet en bus ne s’arrête pas là. Quand on est chanceux (c’est le cas à Copacabana et Ipanema), il y a des arrêts de bus avec le numéro du bus qui passent mais pas de plan avec tous les bus, ni même la direction du bus alors je ne vous parle même des arrêts que le bus doit effectuer ou les horaires qui ne sont jamais indiqué. Ca c’était dans le meilleur des cas. La plupart du temps (quand on s’éloigne de la zone nord), il y a seulement une sorte d’abris ou une pancarte qui matérialise un arrêt mais aucune indication sur les bus qui y passent. Dans le pire des cas, il n’y a même pas d’arrêts, les gens « savent » qu’il est là mais il n’est pas matérialisé (c’est cool pour les touristes ou les gens comme moi). Sur internet, on arrive à trouver les itinéraires des bus mais j’ai l’impression que ce n’est pas très précis car en vrai, j’ai trouvé très peu de bus que j’avais vu sur internet. Pour aller à la PUC, c’était un peu stressant le premier jour. Maintenant, je connais c’est easy. Mais dès que je m’aventure en dehors de mon périmètre, là c’est tout une autre histoire. J’arrive rarement à trouver l’arrêt du bus que je veux et quand je le trouve, on m’explique que non le bus ne passe plus là du tout. Au final, mon trajet dépend des gens que je rencontre car souvent je dois prendre plusieurs bus donc à chaque étape, je demande à quelqu’un qui m’indique l’arrêt prochain et rebelote pour le deuxième trajet. Bien sûr, en portugais sinon l’aventure ne serait pas aussi palpitante. Souvent, le trajet dure plus d’une heure donc c’est une heure que je passe à me demander si le gars a bien compris ce que je lui ai demandé et si je vais bien dans la bonne direction. Je touche du bois mais ça fait 4 jours que je parcours la ville dans tous les sens et pour l’instant, je suis toujours arrivée à bon port (ça veut dire que je fais des progrès en portugais et ça c’est cool). Je pense que si j’avais internet sur mon portable, toutes ces péripéties ne seraient pas arriver car il y a une application assez bien faite qui te permet de voir le trajet des bus. Mais encore une fois, je choisis l’aventure (de manière involontaire cette fois) !

Ce qui me stresse un peu plus, c’est quand je vais dans la zone nord ou dans les quartiers qui s’y rapprochent car c’est des quartiers plus populaires donc beaucoup moins surs. L’autre jour, en rentrant du volley, je me suis perdue à mi chemin sauf qu’il faisait nuit noire donc c’était encore plus galère pour trouver mon chemin mais aussi un peu plus « dangereux » (même si franchement, j’ai l’impression que si on reste prudent, il devrait pas y avoir de problème). Ce que j’apprécie vraiment, c’est que la plupart du temps, ce n’est même pas moi qui demande mon chemin, ce sont les gens qui viennent vers moi car ils sentent bien que je ne sais pas toujours où je vais et que je n’ai souvent rien à faire dans l’endroit où je suis.

J’imagine que ça fait partie du dépaysement 🙂

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