Mon paradis : Bahia

carte-bresil-bahia2.jpgJ’ai été absente pendant très longtemps car j’ai une vie très occupée ici entre Fatima, mes voyages (j’écris depuis la Bolivie) et mes partiels (il faut un peu étudier quand même). Mais, je viens de trouver le temps pour finir de raconter mon aventure bahianaise donc je vous laisse la joie de la découvrir. J’ai fait de mon mieux pour restituer cette expérience hors du commun mais ce n’est rien comparé à ce que j’ai vécu, vraiment! Je suis en train de télécharger les photos, elles arriveront bientôt. En attendant enjoy !


Les choses sérieuses commencent car je vais enfin vous raconter mon périple à Bahia, l’une de plus belles expériences de ma vie sans aucun doute. Pour vous mettre dans l’ambiance, avec mes trois acolytes (j’ai nommé Hannah de Nouvelle Zélande, Maria de Norvège et Anne-Louise de France), on s’est lancé un challenge un peu fou : faire un trek de 4 jours en pleine nature dans la Chapada Diamantina dans l’Etat de Bahia.

Article du Monde sur le Chapada.

Hannah

Anne-Louise

Maria

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Je ne sais même pas par où commencer tellement ce voyage m’a changée. Par avance, je suis déjà frustrée car je sais que ni les photos, ni mes écrits ne rendront justice à tout ce que j’ai pu vivre. Je vais quand même faire de mon mieux.

Munies de nos sacs à dos d’aventurier, on a décollé le Samedi de Rio dans la nuit (je ne savais même pas que IMG_6703des vols partaient à 2h du matin) direction Salvador. Forcément, on était toutes surexcitées et personne n’a dormi cette nuit là (où très peu). Arrivées à Salvador à 5h du matin, on est directement parties pour la gare routière d’où partait notre bus direction Lençois, dans la Chapada. Là, c’était le choc. Je crois qu’aucune de nous ne s’attendait à être si dépaysées par rapport à Rio. On se serait cru en Asie : il faisait lourd et ça grouillait de monde. Vraiment. On était dans la gare routière de Salvador d’où partent tous les bus pour l’intérieur de l’Etat de Bahia. En plus du fait qu’il y ait vraiment, vraiment beaucoup de monde, les gens étaient très différents. La majorité des gens étaient noirs. Forcément, 4 petites minettes blondes, on est pas passé inaperçues. Les gens ne voyageaient pas avec des valises mais avec des gros cartons, cabas ou autres chariots. Ca rendait la foule encore plus particulière.

De là, on a embarqué dans un bus pour 6heures de route direction la Chapada. Etant donné qu’il y a vraiment très peu de train au Brésil, tous IMG_6704les longs trajets se font en avion ou en bus. Du coup, les bus sont adaptés à de tels voyages et très confortables : suivant le prix payé, tu peux te retrouver dans un bus où le siège s’incline quasiment à l’horizontal. Ca, c’est le top. Du bus, on s’est rapidement rendu compte que le paysage était radicalement différent de Rio : plus sec, plus plat et avec plein de cactus !

Notre arrivée à Lençois, une ville aux portes du parc 11225296_10156251210065445_4563315670499172483_n.jpgnational de la Chapada, était pour le moins mouvementée. Notre guide nous attendait à l’arrêt de bus : Kinkas. Il avait vraiment une tête de petit gars de la montagne déconnecté avec la civilisation, avec les yeux explosés et injectés de sang et un accent bien différent de celui de Rio. Ca promettait. Il a d’ailleurs passé tout le trek a fumé des joints… haha

Lençois, c’est une petite ville toute mignonne perdue dans les montagnes et aux maisons colorées. Lençois, c’est aussi la ville qui n’a pas voulu de nous. En arrivant à la pousada, la dame nous a gentiment dit qu’on avait en réalité pas de réservation car leur site internet n’avait pas été mis à jour : quand on avait réservé la pousada, il n’y avait en réalité déjà plus de place. Il ne restait d’ailleurs plus aucune chambre dans aucun hôtel de la ville (à prix abordable du moins). Mais les gens étaient adorables, ils ont tous essayé de nous trouver une solution, ils appelaient tous les gens qu’ils connaissaient pour voir s’il n’y avait pas une place quelque part. On a envisagé de dormir par terre dans l’entrée de la pousada ou de planter notre tente dans le jardin d’une pousada. Au final, un petit monsieur tout gentil a vu notre détresse et nous a proposé de nous emmener jusqu’à la prochaine ville (d’où on était censé commencé le trek de la mort) . C’est comme ça qu’on s’est retrouvé pendant deux heures dans un van à affronter les routes trouées et poussiéreuses de la Chapada.

P1050432On est arrivé à la tombée de la nuit dans une petite ville hippie dans la vallée de Capao, une ville qui paraissait hors du temps. Des petites maisons colorées encore une fois, perdues au milieu du canyon de la Chapada. Le guide, quoiqu’un peu étrange, a été top : il nous a trouvé un super pousada où on avait une petite maison rien qu’à nous. On était toutes très impatientes de commencer notre grande aventure mais à ce moment, on avait vraiment pas idée de ce qui nous attendait dans les prochains jours… On était encore dans le grand confort, avec lit et douche chaude.

Le lendemain matin, levé tôt pour aller faire les courses au marché car on s’apprêtait à entrer dans la nature profonde, sans contact avec la civilisation pendant 4 jours. Il nous fallait des vivres, beaucoup !!! Kinkas, notre guide, nous a cuisiné un petit déjeuné divin le premier matin avec des oeufs, du pain, du jambon, un espèce de salade de carotte, mangue et fromage, des fruits, beaucoup de fruits ! On était prêtes pour partir !!

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Un habitant de cette petite ville nous a emmené en voiture jusqu’à l’entrée du parc. Là il pleuvait. On s’est rapidement arrêté boire un caldo de cana dans la maison d’une petite dame : c’est du jus de cane à sucre avec un quartier d’orange. Un délice, parfait pour commencer notre grande aventure !

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Le début était dur, très dur. On a rapidement commencé à grimper pour

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arriver dans la vallée. C’était vraiment compliqué car il pleuvait et que nos muscles étaient à froid. Je crois que c’était aussi très dur mentalement, car on savait qu’à partir de là, on allait passer 4 jours dans la nature, à ne faire que gravir des montagnes et franchir des rivières. En soi c’est cool mais personne de nous 4 n’avaient déjà fait ça! C’était un vrai challenge physiquement pour chacune de nous 4, un peu plus pour Anne-Louise qui vraiment n’avait jamais rien fait de semblables (jamais fait de camping non plus) et pour moi à cause de mon genou encore en convalescence. Des aventurières je vous dis.

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L’arrivée dans la vallée était grandiose, c’était magnifique. Je n’ai qu’un IMG_6736mot en tête : immensité ! On franchissait des rivières, escaladait des rochers avec nos gros sacs à dos, tout ça dans ce cadre incroyable. C’était vraiment fun. On a peu déchanté quand on a croisé des gens qui nous ont demandé où on allait et qu’on leur a dit notre destination, ils avaient l’air préoccupés… et nous ont affirmé qu’on arriverait jamais avant la tombée de la nuit. On avait encore 24km de marche devant nous et aucune trace humaine à des kilomètres à la ronde. Si vous essayez de vous mettre à notre place, c’était un peu inquiétant.

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IMG_7466.JPG Du coup, on a commencé à marcher rapidement, en chantant en portugais avec Kinkas. A chaque kilomètre qu’on parcourait, on était toujours un peu plus émerveillées par le paysage. Je pense que les photos IMG_6767parlent d’elles-mêmes. Kinkas s’est arrêté à un moment pour fumer un joint du coup pendant la deuxième partie de la randonnée, il s’est mis à parler davantage et à nous raconter l’histoire de la Chapada. Mais d’une
manière très… personnelle on va dire! On rigolait bien. On s’est arrêté manger nos sandwichs en haut du canyon, breathtaking. Et de là, on pouvait voir le campement où l’on devait dormir donc ça IMG_6762nous a redonné du courage ! La dernière ligne droite a été la descente du canyon : avec nos sacs de plus de 10kg sur le dos c’était plus que compliqué. J’ai cru tomber plusieurs fois, mon genou commençait à me faire mal… Quand on est arrivé, c’était la renaissance. J’ai rarement été aussi heureuse de ma vie je crois. Et le meilleur : on est arrivé pour le coucher du soleil !! Ce qui veut dire que les montagnes qui nous entouraient offraient un dégradé d’orange et de rouge : c’était à couper le souffle. Mais cela veut dire dire aussi qu’on avait été super rapides ! PARABENS (félicitations en portugais)!!

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IMG_6758Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’on allait en fait dormir dans un espèce de campement perdu au milieu de la nature où il y avait 3 petites maisons en
durs, dont une cuisine et des sanitaires! Yeah ! Le monsieur qui s’occupait OLYMPUS DIGITAL CAMERAdu campement récupérait l’eau de pluie pour les sanitaires et la vaisselle et il avait également installé des panneaux solaires pour les quelques ampoules qui éclairaient le lieu. Il y avait deux autres groupes de randonneurs avec nous, quasiment que des brésiliens. L’ambiance était super sympa, un des guides nous a fait des caipirinhas avec les citrons qui poussaient dans la vallée. Mais le mieux mais vraiment le mieux c’est que Kinkas nous a fait des pizzas. Pas n’importe lesquelles… les meilleurs qu’on ait mangé au Brésil sans aucun IMG_6782doute. Des pizzas à la viande, au fromage, aux tomates séchées, au pesto,…  Après cette journée si intense, c’était vraiment le bonheur. On a même fait une pizza banane nutella ! Dur de croire qu’on était perdues en plein milieu de la Chapada. Après, on est allées s’allonger dans l’herbe.. Je n’ai jamais vu autant d’étoiles de ma vie, vraiment. On était si loin de toute ville qu’aucunes lumières ne venaient parasiter la vue des étoiles. On comptait les étoiles filantes, on cherchait les constellations. Et c’est là qu’on a remarqué que la vallée était aussi pleine de lucioles et à mesure que la nuit venait, il y en avait de plus en plus. Je ne pourrai jamais décrire avec des mots à quel point on était bien cette nuit là.

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IMG_7561.JPGC’est soir là qu’on a rencontré une bande de gars de Salvador, qui venaient comme nous faire un trek dans la Chapada. On a passé la soirée avec eux, disons que ça a contribué à la beauté de la nuit. Si le paradis existe, je pense qu’il ressemble à cet endroit.

La nuit a été un peu plus mouvementée. Dans notre petite tente, on était bien serrées. Avec Anne-Louise, on a passé notre temps à se retourner car on arrivait pas à dormir. Je sais pas trop ce qu’il s’est passé mais à 3h du matin on ne dormait toujours pas. Du coup, j’ai décidé d’aller me balader un peu. J’ai passé une heure à attraper les lucioles du coin et après je suis allée me poser dans le hamac du campement. J’arrivais toujours pas à dormir, je regardais les étoiles. Au final, le soleil s’est levé et les premières personnes sont sorties de leur tente et je n’avais pas fermé les yeux une seconde. La journée allait être longue !!!

Le petit déjeuner était grandiose : Kinkas nous avait du jus de fruit frais, des gateaux, des oeufs brouillés, du cuscus,… Sans déconner, le petit dej était meilleur que ceux que j’ai pu prendre dans des hotels alors qu’on était perdus au milieu de la nature!

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On a fait l’une des plus belles randonnées ce jour là : on a gravi une énorme montagne à la force de nos bras et traversé une grotte à la lumière de nos lampes torches pour arriver à un point de vue incroyable.

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Un rocher posé sur la montagne, donnant une vue imprenable sur la vallée
P1050477.JPGdo Pati. On se serait cru dans Jurassic Park, je m’attendais à voir débarquer
un dinosaure dans la fond de la vallée. L’ascension avait été compliquée, surtout qu’on était près du gouffre et que j’ai vraiment le vertige mais ça en valait vraiment le coup. Et le IMG_6862plus drôle, c’est qu’on y a retrouvé par hasard nos amis de Salvador, rencontrés sur le campement. On est redescendu pour manger au bord de la rivière. Le cadre était top mais j’étais au bord de la mort à ce moment : mes pieds étaient en sang, mon genou dans un état pas meilleur mais surtout j’étais exténuée. Je sentais vraiment ma nuit blanche de la veille.

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Mais la suite de la journée m’a donnée la force de continuer : on a longé la rivière sur plusieurs kilomètres en escaladant les pierres et les cascades. La chose que j’aime le plus au monde. Le lieu était magnifique, des cascades, des fleurs qui tombent sur l’eau et des colibris (oui oui des colibris sauvages !). C’était magique. On s’est baigné dans une cascade bien cool. Et là, on a encore retrouvé nos amis de Bahia, à croire qu’ils nous suivaient. On s’est baigné avec eux, c’était bien cool.

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Mais bon le retour au campement nous a quand même fait du bien. Personnellement, j’étais vraiment à bout de force mais tellement heureuse de la journée, et fière de moi. Car la randonnée était difficile, avec mon genou je vous en parle même pas mais en plus avec une une nuit blanche dans les pattes… Ca tient du miracle ! Au cours de la journée, je m’étais méchamment tordue deux fois la cheville et pendant la marche, ça allait encore car ma cheville était chaude mais en arrivant et en me reposant un peu c’était assez hard. Je n’arrive presque plus à poser le pied par terre et j’ai vraiment eu peur de ne pas pouvoir continuer la rando (sachant que techniquement, j’étais obligée car on était à au moins une journée de marche de toute ville). Un ami de Bahia m’a passée une crème miracle et je suis allée à la petite chapelle du campement pour prier (oui oui j’ai prié et oui oui il y avait parmi les 3 baraques une chapelle, c’est ça le Brésil). Je ne sais pas si c’est grâce à la prière ou à la crème mais le lendemain, je ne sentais quasiment plus rien. Ca tenait du miracle.

La soirée a été encore une fois très bonne, avec notre chef cuisto Kinkas qui nous a cuisiné un Yakisoba et nos amis de Bahia qui nous ont tenu compagnie toute la soirée. On s’est fait un chocolat chaud et on regardait encore une fois les étoiles allongées dans l’herbe. Et j’ai réussi à dormir cette nuit là ! Enfin ! (en même temps, je pense que j’aurais pu dormir n’importe où).

Le lendemain matin, on devait remballer notre tente car on allait changer de campement. On est reparties avec nos gros sacs à dos pour de nouvelles aventures ! On a dit au revoir à nos amis qui repartaient sur Salvador , en espérant les revoir là!

Ce jour-là, on a encore beaucoup marché. On a traversé des vallées brulées par les flammes mais aussi des canyons incroyablement verts et desIMG_7563.JPG rivières en plein milieu de la jungle (d’ailleurs, un mois après qu’on y soit, la Chapada a été ravagée par les flammes et est toujours à ce moment en mauvais état…). La diversité des
paysages était tout simplement invraisemblable.
 Après 4h de marche intense, on s’est arrêté à un petit point d’eau pour nous ressourcer et manger un IMG_6769.jpgpeu. Je dois préciser que nos déjeuners étaient tous plus incroyables les uns que les autres, Kinkas nous préparaient des gâteaux, des salades de fruits, des sandwich au pesto, du jus de fruit frais… Que demander de mieux ? Egalement, je ne l’ai pas mentionné mais pendant toute la rando, on ne buvait que l’eau des cours d’eau et des cascades. C’était un peu étrange au début car l’eau est marron et a clairement un goût de terre mais on s’y est vite habitués. De toute façon, c’était ça ou mourir de soif!

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A notre grande surprise, à ce point d’eau, on a rencontré des gens de la PUC (de mon université de Rio donc!!!)! On a cru qu’on rêvait car on ne savait pas du tout qu’ils y étaient aussi. C’était assez drôle. Eux étaient dans un hôtel et ne faisait que des excursions journalières. Leur expérience était donc extrêmement différente de la notre dans la mesure où ça faisait à ce moment 3 jours que nous dormions et vivions dans la nature.

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Après, direction un endroit très impressionnant :  une cascade de plus de 300m de hauteur. Arrivées par le haut, j’ai pris peur au début car on s’est retrouvé nez à nez avec un véritable gouffre de plusieurs centaines de mètres sans aucune barrière. Pour s’en approcher, on y est allé en rampant avec Kinkas qui nous tenait les pieds. J’ai penché ma tête dans le vide et j’ai vraiment eu l’impression d’y être aspirée. C’était à la fois magnifique et terrifiant. 

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L’attaque des abeilles tueuses

La deuxième partie de la journée a été tout autant riche en émotion, alors qu’on descendait le canyon pour rejoindre notre prochain campement, Anne-Louise s’est faite piquée par une abeille noire. Elle s’est mise à hurler et courir sans qu’on ne comprenne ce qu’il se passe. L’abeille l’avait piqué à travers son short en jean et avait réussi à arracher un bout de chair donc je vous laisse imaginer la tête des abeilles… C’était des monstres ! Ca a duré plusieurs dizaines de minutes, elle nous a dit qu’elle n’avait jamais ressentie une telle douleur. Kinkas est retourné sur l’endroit de l’attaque pour récupérer les lunettes d’Anne-Louise qu’elle avait laissé tomber dans la panique. Mais il s’est alors retrouvé confronté à un essaim d’abeilles tueuses (je plaisante quand je dis tueuse mais qu’à moitié en réalité car des personnes peuvent mourir de leur piqûres). Il s’est alors mis à courir et hurler en portugais qu’on devait partir, se mettre à courir aussi, qu’il était poursuivit par des abeilles. Là c’était la panique, Anne-Louise était toujours en pleurs, nous on paniquait mais on ne s’arrêtait pas de courir. Sachant qu’accessoirement, on avait de nombreux arbres et rochers à franchir avec nos gros sacs à dos, c’était assez sportif. Et là je me suis fait piquée, la douleur était vraiment paralysante. J’ai dis à Maria de courir car les abeilles nous rattrapaient mais c’était trop tard. Rapidement une dizaine d’abeilles étaient sur elle et elle s’est mise à courir dans tous les sens. Elle hurlait en norvégien, Kinkas a essayé de la rattraper. On s’est mises à l’abris, on les entendait les deux hurler sans savoir quoi faire. Au bout de 10 minutes, on les a vu revenir en courant, nous hurlant qu’il fallait qu’on court. On s’est donc mis à courir, encore. Après un moment, on s’est arrêté pour constater l’ampleur des dégâts, les abeilles semblaient avoir disparu. Maria avait plus d’une dizaine de piqûres, Kinkas également. Personnellement, je m’en étais assez bien sortie avec seulement une piqûre. Je crois que l’adrénaline avait combattu quelque peu la douleur. Kinkas avait l’air sous IMG_6800le choc, durant les heures qui ont suivi, il n’a cessé de nous répéter qu’on a eu beaucoup de chance, qu’on aurait pu mourir… C’était une expérience assez intense. On avait encore 4h bonnes heures pour descendre le canyon et ça a été assez compliqué car on était toutes très éprouvées mentalement mais aussi parce que la descente était raide et qu’il y avait une quantité incroyable d’herbes aussi coupantes que des lames de rasoirs. En arrivant, mes cuisses et mes bras étaient lacérés. J’avais des ampoules sur tous les orteils et deux ongles sur le point de tomber. Oui oui, on est des vraies aventurières.

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Mais je crois que la beauté du lieu nous a fait oublié tous nos problèmes. Le campement était à côté d’une petite maison perdue sous les falaises rocheuses, avec une rivière parsemée de piscines naturelles à quelques mètres. On s’est littéralement jetées dans la rivière pour s’y relaxer et s’y doucher. Ca nous a fait un bien fou et c’était amplement mérité. Puis, avec le coucher du soleil et l’arrivée des lucioles, on s’est allongé sur les pierres encore chaudes qui juxtaient la rivière. Je ne m’étais rarement sentie aussi bien.

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Le soir, on a rencontré la famille qui habitait dans cette petite maison à côté du campement et leur petite fille Rihanna, 5 ans, qui a passé toute la soirée avec nous, accompagnée de ces 3 petits chats. La famille nous a OLYMPUS DIGITAL CAMERAcuisiné à manger le soir et le matin : du manioc, du riz, des fruits frais dont des bananes cueillies sur le moment dans le jardin. On regardait les étoiles, Kinkas nous racontait les histoires de ses voyages. Le seul bémol, on a voulu aller rejoindre la rivière pour admirer les étoiles quand il faisait nuit noir mais on s’est retrouvé nez à nez avec une tarentule… Malgré mes douleurs de partout, je peux vous dire que je suis rapidement remontée à la tente. Je n’étais quand même vraiment pas tranquille toute la nuit, surtout quand le chat a sauté sur la tente en plein milieu de la nuit.

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PA141123.JPGLe réveil était encore une fois surréaliste, avec le soleil se levant sur les parois rocheuses qui nous encerclaient et les bruits de la nature. Après un petit déjeuner encore très copieux, on a entamé notre dernière dernière journée de randonnée. On était toutes relativement fatiguées dès le réveil et on a du remonté le canyon jusqu’au plateau du dessus pour ensuite rejoindre la ville d’Andarai.

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Là, au loin, on pouvait voir la ville d’Andarai, le point final de notre incroyable aventure !

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C’était très long et il faisait particulièrement chaud ce jour-là. Mais en fin de journée, après avoir traversé un désert de cactus qui nous a paru interminable, on est arrivées !!!!!!!!!! Avec Anne-Louise, on était au bord des larmes. Au coucher du soleil, on est allé se ressourcer dans un immense bassin naturel bordé de pierres rouges. Le cadre était splendide : on n’aurait pas pu finir l’aventure d’une meilleure manière.

IMG_7654.JPGIMG_7658.JPGIMG_7656.JPGAu final, on a parcouru un peu moins de 80 kilomètres en 4 jours avec une dénivelée cumulée de plusieurs milliers de mètres. Le trek a été dur et éprouvant mais ce fut sans doute l’une des plus belles expériences de ma vie. On y a repoussé nos limites à la fois mentales et physiques tout en découvrant des personnes et des paysages que je n’oublierai jamais.

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Après avoir retrouvé un vrai lit (merci mon dieu!) dans une pousada du village, on a pris un bus tôt le matin pour rejoindre Salvador (les 6h de bus nous on fait du bien). On a rejoint la gare routière en moto-taxi en traversant la ville au levé du soleil, c’était aussi une sacrée expérience.

Salvador, c’était un autre monde mais tout aussi incroyable. Une ville coloniale remplie de petites maisons colorées. Les gens sont très différents, on sent beaucoup plus l’héritage africain dans la physionomie des gens mais également dans la nourriture très différente de celle de Rio. Plus épicée et avec plus de fruits de mer. On a pu mangé beaucoup de spécialités, c’était juste délicieux.

Notre hôtel était dans le centre historique, donnant sur la place la plus connue et la plus jolie : le Pelourinho. Il y avait en permanence de la musique, des gens qui dansaient la capoeira et des vendeurs ambulants. OLYMPUS DIGITAL CAMERAJ’ai trouvé que la ville avait une véritable âme, culturellement très riche et avec des gens extrêmement chaleureux. Bien sûr on ne passait pas inaperçues car on avait clairement des têtes des gringas (surnoms donnés par les Brésiliens pour parler des étrangères) mais on a partout été très bien accueillies.

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P1050552.JPGP1050560.JPG12193399_10156251210225445_1135553719843392441_n.jpg

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IMG_6885.jpgIMG_7687.JPGLe deuxième jour, on est allé en bateau sur une petite île de pécheurs pour profiter des plages désertes, des noix de coco et de la pêche du jour. Croyez moi, le poisson y est incomparable. Un peu de détente nous a vraiment fait du bien.

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P1050686.JPGEt tous les soirs, on sortait avec nos amis rencontrés dans la Chapada Diamantina. Ils nous ont emmené dans des fêtes surréalistes, avec de la musique très rythmée, un mélange entre rythme brésilien et africain mais aussi dans un festival de Jazz dans le musée d’art moderne de la ville, au bord de l’océan avec le coucher du soleil. Toutes ces soirées étaient incroyables et on y dansait jusqu’à ce qu’on nos jambes ne puissent plus nous porter.

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IMG_6893.JPGJe ne vous fais pas de dessin, le départ de Bahia et le retour pour Rio ont été très difficiles. J’aurai voulu rester des semaines encore dans ces lieux si particuliers. Je m’y sentais juste bien. La semaine après notre retour, je crois qu’on était toutes un peu déboussolées et il nous a fallu un certain temps pour se réhabituer à la vie carioca.

Avec le recul, j’en garde un souvenir incroyable et je ne rêve que d’une chose, renfiler mon sac à dos pour découvrir d’autres endroits comme ceux-ci.

Merci aux filles et surtout à Anne Louise pour certaines photos (en particulier celles de Salvador).

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Marine.

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