Escale improvisée à Sao Paulo

 

A mon grand regret, l’Amérique du Sud ne dispose pas de compagnies aériennes lowcost du type Ryanair ou EasyJet. Pour voyager à moindre coût, il faut donc prendre le bus ou s’arranger comme on peut. Moi j’aime bien faire compliqué. En regardant le prix des billets d’avion, je me suis rendue compte que c’était beaucoup moins cher de partir de Sao Paulo que de Rio. Ains, sans trop me préoccuper des 500km séparant les deux villes ni de comment j’allais m’y rendre, j’ai pris mon billet de Sao Paulo à direction de La Paz (capitale de la Bolivie).

Je n’ai commencé à me demander comment j’allais rejoindre Sao Paulo une semaine avant mon départ. Je pensais me pointer à la gare routière de Rio, munie de mon gros sac à dos, la veille de mon vol, chopé un bus de nuit pour Sao Paulo et décollé le lendemain pour La Paz. Ca me semblait un plan tout à fait viable. Et puis le destin s’en est mêlé, comme je commence à en avoir l’habitude. Le soir du nouvel an, j’ai rencontré une fille incroyablement pétillante et pleine de vie : Daniela. J’ai passé une bonne soirée de la nuit avec elle, à rigoler, refaire le monde. En lui racontant mes projets, elle m’interpelle en me disant qu’elle est de Sao Paulo et qu’elle compte rentrer chez elle, en voiture, la veille de mon vol. Chance ou destin ? Je ne sais pas mais je suis donc partie quelques jours plus tard pour Sao Paulo en voiture avec Daniela et une de ses potes. D’ailleurs, je ne sais pourquoi, il y a eu un nombre d’accidents records sur l’autoroute qui reliait Rio à Sao Paulo : au lieu de mettre 6h pour aller d’une ville une autre, nous avons mis 10h. Normal. Mais bon, on a bien rigolé.

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Le soir, Daniela m’a fait découvrir sa ville et m’a hébergé le temps d’une nuit. Quelque chose qui peut sembler totalement inconcevable en France (héberger une fille chez soi, dans une autre ville, ne l’ayant que rencontré brièvement lors d’une soirée bien alcoolisée) paraissait au contraire au Brésil totalement naturel. Son accueil a juste été incroyable.Je IMG_9824.jpgn’ai eu le temps de découvrir Sao Paulo que l’instant d’une soirée donc je compte bien y retourner pour vraiment en sentir l’atmosphère mais tout ce que je peux vous dire, c’est que la ville paraît à mille lieux de Rio (beaucoup plus moderne, organisée, propre,…). D’ailleurs, les paulistes (habitants de Sao Paulo) critiquent ouvertement le goût démesuré des cariocas pour la fête tandis que les cariocas reprochent aux paulistes de ne vivre que par le travail. Sans tomber dans la caricature, je pense réellement que Sao Paulo, coeur
économique du pays, est beaucoup plus axé sur la valeur travail tandis que Rio semble ne vivre que d’amour et d’eau fraîche (et des caipirinhas). Mais bon, je creuserai tout ça une prochaine fois.

Il s’est quand même passé un bien drôle et surprenant. En allant faire son plein, elle s’est rendue compte qu’elle n’avait pas sa carte de crédit. Problème : le plein avait déjà été fait (sachant qu’au Brésil, il y a toujours un gars pour te faire le plein. C’est lui qui s’occupe de tout, il peut même te laver ta voiture et toi tu ne bouges pas de ton siège). Sans trop s’inquiéter, Daniela explique au gars qu’elle habite à 3 rues d’ici, qu’elle va juste déposer une amie entre temps et qu’elle revient après pour payer. Le gars lui a répondu dans la foulée, tout naturellement : « il n’y a aucun problème. Faites ce que vous avez à faire et revenez payer après ». Je ne saurais jamais s’il a tout de même relevé la plaque d’immatriculation mais Daniela est donc repartie, sans payer, avec le plein d’essence. En France, je crois que cela n’arriverait jamais que le pompiste saurait pertinemment qu’il y ait 3 chances sur 4 que la personne ne revienne jamais (et il n’a pas tord, les Français sont fourbes). Et Daniela était relativement choquée que je sois surprise.

Le lendemain, Daniela m’a emmené en voiture à l’aéroport. Quand je pense qu’à la base, je devais aller à la gare routière de Rio, prendre un bus public de nuit qui allait mettre des heures à arriver à Sao Paulo, errer dans la ville jusqu’au début d’aprem pour enfin prendre mon vol, complètement fatiguée. Je me dis que j’ai vraiment beaucoup de chance, surtout qu’elle m’a fait le petit dej’ le matin.

Le grand voyage pouvait donc commencer !

Marine. 

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